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Jeux d'hiver

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Le 07/02/2010 à 23:14 | Mis à jour le 08/02/2010 à 11:25
 

JO

Juste une illusion ?

Pour les sports d'hiver qui peinent à trouver une exposition médiatique, les JO offrent une exposition rare, qui offre des souvenirs uniques mais occulte aussi toutes les autres réussites sportives. Six Français racontent souvenirs et approche de cet événement.
Ophélie David vise l'or en ski-cross.(EQ)
Ophélie David vise l'or en ski-cross.(EQ)

«Sportivement le globe, c'est plus fort»

Julien Lizeroux, déçu de sa septième place, est fatigué.

Julien Lizeroux (ski alpin, vice-champion du monde de slalom) : «J'ai un regard paradoxal sur les JO. Pour moi, sportivement parlant, le globe de cristal, c'est ce qu'il y a de plus fort. Gagner la Coupe du monde, cela montre qu'on est le plus fort sur une saison. On ne mise pas tout sur une course. Mais l'intérêt des médias et du public donne aux JO une dimension vraiment particulière, sans commune mesure avec ce qu'on a vécu aux championnats du monde l'an dernier à Val d'Isère. La première image forte que j'ai des Jeux, c'est le show d'Alberto Tomba qui fait le doublé géant - slalom à Calgary (1988) et l'une des plus belles émotions, c'est le titre olympique d'Antoine (Déneriaz) à Turin (2006). Il s'élance en 30e position derrière tous les favoris et remporte la descente.»

«Les succès collectifs sont rares»

Jason Lamy Chappuis évoluera à domicile ce week-end

Jason Lamy Chappuis (combiné nordique, leader de la Coupe du monde 2010) : «Je n'avais que cinq ans à l'époque des Jeux d'Albertville donc je n'avais pas vu à l'époque l'épreuve de combiné nordique avec le doublé de Fabrice Guy (champion olympique) et Sylvain Guillaume (deuxième). J'ai revu les images récemment et même avec le recul, c'est toujours un moment fort. Je me souviens surtout que Fabrice était leader de la Coupe du monde avant les JO. La médaille par équipes à Nagano m'a aussi marqué car les succès collectifs sont assez rares dans notre discipline. Mais j'ai vraiment découvert le combiné lors des Coupes du monde organisées à côté de chez moi à Chaux-Neuve à partir de 1995.»

«Cela a chamboulé ma carrière »

Pierre Vaultier et son snowboard

Pierre Vaultier (snowboardcross, vainqueur de la Coupe du monde en 2008 et 2010) : «Je me souviens du titre de Karine Ruby pour l'apparition du snowboard aux JO de Nagano en 1998 mais le souvenir marquant c'est la médaille d'or d'Isabelle Blanc en 2002. Quatre ans auparavant, elle avait manqué le podium à la toute dernière porte et pour elle c'était une belle revanche. Pour les Français, c'était la finale idéale puisqu'elle a battu Karine pour le titre. Personnellement, mes premiers JO ont été difficiles mentalement. J'ai subi une grosse désillusion (35e) et cela a chamboulé tout mon début de carrière.»

«Du mal à m'identifier à ce gros truc»

Jonnier aux JO

Emmanuel Jonnier (ski de fond, quatrième aux JO de Turin) : «En tant que spectateur, les Jeux Olympiques n'étaient pas forcément ma compétition préférée. J'avais du mal à m'identifier à ce gros truc. J'ai toujours suivi avec intérêt Hervé Balland, notamment sur des courses comme la Transjurassienne, mais il n'a jamais brillé aux JO tout comme le Suédois Per Elofsson qui avait un ski parfait. La vraie machine de guerre c'était le Norvégien Bjorne Daehlie (douze médailles dont huit en or entre 1992 et 1998). Finalement, mon souvenir marquant des Jeux n'est pas en ski de fond mais le doublé des Français en combiné à Albertville, avec Fabrice Guy devant Sylvain Guillaume.»

«Une ambiance incomparable»

Ophélie David

Ophélie David (ski-cross, sextuple vainqueur de la Coupe du monde) : «J'ai pris conscience de la dimension des Jeux Olympiques en 1992 lorsque Frank Piccard gagne la médaille d'argent lors de la descente à Albertville. De manière générale, je me souviens encore de l'ambiance incomparable qui régnait sur tous les sites olympiques, par exemple lors d'un match de hockey sur glace que j'avais été voir à Méribel. Ensuite, j'ai de bons souvenirs liés aux médailles de mes copines : l'argent de Péquegnot (slalom en 2002), l'or pour Karine (Ruby, champion olympique de snowboard en 1998). Elle est arrivée toute fraîche, toute belle pour ses premiers JO. J'étais plantée devant la télé et je criais et sautais de joie.»

«Le seul rendez-vous qu'on retiendra»

Sandrine Bailly aborde la saison olympique

Sandrine Bailly (biathlon, vainqueur de la Coupe du monde 2005) : «Les JO, c'est l'objectif absolu. De tous les rendez-vous de la saison, ce sera le seul qu'on retiendra. On a intégré le fait que c'est la seule chance médiatique du biathlon. Une médaille olympique individuelle, cela manque à mon palmarès. A Salt Lake (en 2002), j'étais jeune, pas très tendue, assez tranquille. En 2006, le moment fort, c'est le relais par équipes. On était seulement 14e après le premier relais, Delphine était à l'arrivée et n'arrêtait pas de dire qu'elle était désolée. Mais j'y croyais encore. En relais, rien n'est jamais fini et à l'arrivée on a la médaille de bronze.» - Recueilli par Anthony THOMAS-COMMIN

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