Le 28 juin dernier, la nuit était tombée sur Paris, le DJ avait fini son office et le public du Quai 54 s'était en partie évaporé. Défiant la fatigue née de trois matches en une journée, Ali Traoré continuait de travailler ses adversaires au corps quand, victime d'une faute peu amène, "Bomaye" (son surnom sur les playgrounds, référence au cri du public pour soutenir Mohamed Ali lors de son combat contre George Foreman) s'est écroulé, se tenant la jambe, hurlant de douleur. Stupeur ! Ronny Turiaf forfait, Joakim Noah dans les limbes, allait-il lui aussi devoir zapper l'équipe de France ? «Ca va, c'est une crampe». Le soulagement était à la hauteur des attentes : immenses. Car des joueurs comme lui, l'équipe de France n'en a pas dix mille. D'ailleurs, elle n'en a qu'un.
Victime d'un coup à un genou lundi, Ali Traoré s'est entraîné seul mardi (deux séances) et mercredi (une), travaillant avec appuis. Il devrait reprendre avec opposition progressivement.
«Ali, c'est un très, très bon basketteur, un bon athlète avec un talent offensif inné, main gauche, main droite», explique Ian Mahimi, qui pourrait être son parfait complèment au poste de pivot. D'un côté, Mahinmi et son orientation défensive. «Quand j'étais au Havre plus jeune, on m'a toujours comparé à Florent (Pietrus) en disant que je m'inspirais de son jeu», résume le nouveau Maverick. De l'autre, Traoré, son impressionnante fluidité offensive et ses mains en or qui lui permettent de faire oublier une taille quelconque pour son poste, de jouer parfois ailier-fort et de tourner cette saison à14,5 points à 57% en seulement 25 minutes par match en Euroligue avec l'ASVEL de Vincent Collet - chiffres rarissimes pour un Français. Il avait déjà été très rentable à l'Euro 2009, sa première grande compétition avec les Bleus, en tournant à 6,8 points en 13 minutes.
«On essayera de le développer pour qu'il soit plus qu'un joueur offensif», avait expliqué le sélectionneur en juin. L'un des soucis de Traoré, dont la carrière a pris des chemins de traverse avec un passage dans un Junior College américain et un retour en France via la Pro B et Quimper en 2004-2005, a toujours été la défense, ce qui a régulièrement limité son temps de jeu. «C'est avant tout une histoire de concentration, détaille-t-il. Je pense que je peux être un bon défenseur quand je me concentre. Ça m'arrive d'avoir de longs trous noirs pendant le match. Cette année, j'ai progressé en étant plus constant.» L'autre souci de Traoré a pu être sa personnalité, souvent franche, parfois insctinctive. Aujourd'hui, Ali Traoré est surtout connu comme «un bon gars, quelqu'un de très marrant», un blogueur émérite, un garçon accessible, intéressant et qui peut se permettre de dire : «je préfère mon nouveau club (Rome) à un club de bas de classement en NBA.» - X. C. à Pau

On peut imaginer qu'avec le retour des absents de l'été 2010, les Bleus peuvent viser les...
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