Au terme d'une réunion marathon marquée par huit dossiers instruits, le Conseil national de l'éthique a pris des décisions contrastées, lundi. Si l'instance dirigée par Dominique Rocheteau n'a pas eu la main trop lourde, elle a surtout pris la décision spectaculaire d'inviter l'arbitre Didier Falcone à venir s'expliquer après sa mise en cause par Frédéric Antonetti à l'issue d'un Sochaux - Rennes de décembre (2-0, 19e journée). Les deux hommes seraient ainsi confrontés le 22 février. C'est la première fois que la ''victime'' des propos reprochés à la personne mise en cause doit elle aussi répondre devant le CNE. L'entraîneur de Rennes assure, depuis le début de cette affaire, qu'il ne répondra au conseil qu'en cas de présence de Didier Falcone à ses côtés.
Les sanctions les plus lourdes concernent Patrick Governatori, directeur général de l'OGC Nice, frappé d'un mois ferme de suspension de toute fonction officielle pour «propos injurieux» sur «les vieux croulants moralisateurs accrochés à leurs privilèges», et Pablo Correa, l'entraîneur de Nancy, frappé d'une suspension de deux matches ferme pour «plusieurs déclarations excessives». Après un Nancy - Lyon (0-2) récent, il s'était emporté : «Nous finirons par voler des matches nous aussi.»
Pour l'essentiel, le Conseil a manipulé l'arme du sursis. Le président de Lille Michel Seydoux a reçu deux mois de suspension avec sursis pour avoir parlé de «l'amateurisme criard» de la FFF dans l'organisation de la Coupe de France, le gardien de Montpellier Geoffrey Jourdren a reçu un match avec sursis pour avoir parlé d'un arbitrage à deux vitesses, le président niçois Gilbert Stellardo reçoit la même sanction pour sa sortie sur «l'arbitrage à charge contre Nice».
Plusieurs entraîneurs s'en sortent avec des sanctions légères, comme l'entraîneur guingampais Victor Zvunka, qui devra effectuer une action pédagogique pour avoir dit : «à la Ligue ce sont des ânes». S'il refuse, il sera suspendu, comme l'avait décidé cet automne son voisin de Lorient Christian Gourcuff. Le coach de Montpellier René Girard a eu un simple «rappel aux devoirs de sa charge» pour avoir assuré en conférence de presse qu'il y avait «un arbitrage pour les grands et un autre pour les petits.» Ces décisions marquent clairement la volonté du Conseil de l'éthique de ne pas passer pour un gendarme aveugle et tatillon qui agresserait systématiquement le principe de la liberté d'expression. La volonté d'entendre M. Falcone souligne aussi la prise en compte du comportement provocateur de l'arbitre de Sochaux - Rennes, qui avait parlé de «match-référence» en dépit du bon sens, comme pour titiller davantage encore le sentiment d'injustice de Frédéric Antonetti. - Cé. Ro.

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